Lossapardo : un tableau sonore qui se passe (presque) de mots !
- Erion

- 1 mars
- 7 min de lecture

Sincèrement, j'ai hésité à ne rien écrire et simplement T'OBLIGER à aller découvrir cet artiste complet. Mais j'ai fait le choix de me laisser traverser par toutes les émotions qui m'ont envahie et de les coucher sur papier pour te les partager. En revanche toi, je me suis dit que ce serait sympa de te le laisser (le choix) pour découvrir ce projet. Je te propose donc deux versions :
une globale, pour saisir l’essence de l’album, la force de l'artiste et ce qui m’a profondément touchée ;
une plus détaillée, qui décrit presque titre après titre les émotions ressenties et les réflexions , si comme moi, tu aimes décortiquer, ressentir, et ne rien réfréner.
Version globale
Contexte : j'avais découvert Lossapardo sur le morceau AMG Performance de l'album Hiver à Paris de Dinos. Sa voix m'avait interpellée, mais prise dans la course effrénée de la vie, je n'avais pas suivi son actualité. Quelle belle surprise que de retomber sur ses créations. Lossapardo fait partie de ces artistes qui vous placent entre : avoir plein de choses à dire et ne plus savoir parler, au point d'en perdre son latin et son alphabet. Ne restent alors que des sons, un enchainement d'onomatopées et des sensations. Oui, son art se passe de mots et dans le même temps, il en appelle beaucoup. Dès les premiers titres, le mot qui me vient est : organique. Tout est profondément cohérent entre le son et le sens de ses reflexions. Par exemple ouvrir l'album avec :
"Wish I could me more naiiiive (j'aimerais être plus naif) Cause it's harder to believe those lies" (parce que c'est plus dur de croire ces mensonges)
Cette phrase seule témoigne de la transparence dont il fait preuve en convoquant l'enfance, l'innocence qui s'efface avec le temps qui passe.
Conquise et perturbée comme rarement je le suis, je tape son nom, à la recherche d'informations pour rassasier ma curiosité. La première désignation qui lui est donnée est : artiste peintre. Mais ouiii, ça fait tellement sens !!! Quelle evidence.
Son projet se déroule comme une immense toile. Empreinte de couleurs, de jeux de lumière, de reliefs. Elle exige qu'on s'approche, tende l'oreille pour en capter toute l'essence. Sensiblement abouti, joliment harmonisé et ficelé.
J'avance donc dans cet album comme dans une expo, les yeux et le coeur ouverts.
Un titre me touche particulièrement : "Seul".
Pour commencer, les morceaux qui le précédait étant en anglais, il m'a surprise par la langue.
Puis, j'ai été saisie par le thème central : la solitude ou peut-être les retrouvailles avec soi-même. Les peurs, l'indécision, les questionnements incessants, l'introspection. Pendant 4'16, je ne me sens plus si "seule" finalement.
J'avoue remettre plusieurs fois le morceau... il vient tellement me piquer à certains endroits... met la lumière sur certains choix, des mots sur des maux...je vacille "Seul" m'a clairement attrapé par les chevilles. Il m'a retenu et après multiples repeat, je me suis souvenue qu'il fallait avancer. Continuer d'explorer. L'essentiel de sa volonté artistique est déposé dans ces confidences subtilement partagées. Sans oublier cette confiance aveugle faite à nos coeurs qui les reçoivent.
J'aime la house qui s'insère dans le titre "This place".
Ce qui me plait, c'est que ce n'est pas juste esthétique, ce projet ouvre la porte sur sa réelle personne. Avec des sujets tels que la recherche de sa place, la solitude qui s'accompagne de vide, le besoin d'ancrage, les peurs qui nous tourmentent. La nostalgie qui se barde de mélancolie et ces innombrables questions sans réponse sur l'existence qui nous dépassent...
Et "Nostalgia" justement se lance... et tout s'éteint.
Lossapardo met les pleins phares sur la mélancolie qui s’installe lorsque les souvenirs refont surface chargés de questions sans réponse. Ils nous rappellent à quel point le temps file et le monde lui, défile.
J'aime beaucoup la douceur de "Miel" avec la bossa-nova qui s'invite... Je souris, j'ai une pensée éclaire pour Henri Salvador.
Version plus détaillée
Contexte : j'avais découvert Lossapardo sur le morceau AMG Performance de l'album Hiver à Paris, de Dinos. Sa voix m'avait interpellée, mais prise dans la course effrénée de la vie, je n'avais pas suivi son actualité depuis. Quelle belle surprise que de retomber sur ses dernières créations. Lossapardo fait partie de ces artistes qui vous placent entre : avoir plein de choses à dire et ne plus savoir parler, au point d'en perdre son latin et son alphabet. Ne nous restent alors que des sons, un enchainement d'onomatopées et des sensations. Alors oui, son art se passe de mot. Toutefois, j'ai tout de même décidé d'en trouver des milliers pour le décrire et te donner envie de le découvrir. Commençons par le premier morceau : Naive. Dès les premières secondes, sa voix semble enfermée dans un bocal... elle est comme aspirée dans un siphon sonore... puis les harmonies viennent tout uniformiser. C'est donc sur ce semblant de voile vocale que s'ouvre le projet comme si l'écho plutôt que de retentir se dissolvait... en image je vois ce flou qui s'installe sur la parole quand plein de pensées se bousculent les unes sur les autres et qu'on ne parvient pas à les exprimer clairement. La texture est aquatique, comme une goutte d'eau qui tombe sur la surface calme et de ses vibrations, crée des variations qui la module. C'est organique, authentique, tellement cohérent entre le son et le sens de ses reflexions. J'ai trouvé ça vraiment intéressant d'entrer dans l'album avec :
Wish I could me more naiiiive (j'aimerai être plus naif) It seem to be a beautiful life (ça semble être une belle vie) Often I wish I could be somebody else (souvent j'aimerais pouvoir être quelqu'un d'autre) Myself ain't enough (je ne suffit pas) Or maybe too much sometimes (ou peut-être que je suis trop parfois)
Je ne sais pas pourquoi je pense à l'enfance, à notre innocence qui s'estompe à mesure que l'on avance dans l'âge. Et ce décalage pesant que l'on peut ressentir avec soi-même, entre la personne que l'on était, celle que l'on devient et que l'on aspire à être. Je fais pause, je prends le temps de divaguer puis je relance l'écoute.
Troisième titre Shibuya : je vois d'innombrables nuances, des images qui défilent... Du mouvement, sans cesse. Rien n'est isolé, tout est justement accordé. C'est visuel, sonore forcément mais surtout sensoriel. L'énergie solaire, lumineuse et chaleureuse circule. L'intrigue est telle, qu'à :
Everything we did has an incidence (tout ce que l'on a fait a une incidence) I do not believe in coincidence (moi non plus) I overthink a lot (je réfléchis beaucoup trop) Make up tv shows on my mind (je me fais des films dans ma tête) It is what it is till it ain’t.
Conquise et perturbée comme rarement je le suis, je tape son nom 🔍 , à la recherche d'informations pour rassasier ma curiosité.
La première désignation qui lui est donnée est : artiste peintre. Mais ouiii, ça fait tellement sens !!!
Son projet se déroule comme une immense toile. Empreinte de couleurs, de jeux de lumière et de reliefs. Elle exige qu'on s'approche, qu'on tende l'oreille pour en capter toute l'essence. Sensiblement abouti, joliment harmonisée, tissée, ficelée. J'avance donc dans son album comme dans une expo, les yeux et le coeur ouverts. Puis vient le 4ème titre : Seul Les morceaux qui le précédaient étant en anglais, il m'a d'abord surprise par la langue. Puis, j'ai été saisie par le thème central : la solitude ou peut-être les retrouvailles avec soi-même. Les peurs, l'indécision, les questionnements incessants, l'introspection. Pendant 4'16, je ne me sens plus si "seule" finalement.
J’ai peur parfois Bien trop souvent J’ai perdu la notion du temps Personne m'a prévenu, Qu’ce serait difficile d’rester soi même L’impression d’toujours être à contre courant{...} Peut-être que j'en fais trop
J'avoue remettre plusieurs fois le morceau... il vient tellement me piquer à certains endroits... mettre la lumière (encore elle) sur certains choix, des mots sur des maux...je vacille "Seul" m'a clairement attrapé par les chevilles. Il m'a retenu et après multiples repeat, je me suis souvenue qu'il fallait avancer. Continuer d'explorer. Je note : l'essentiel de sa volonté artistique est déposé dans ces confidences subtilement partagées et surtout cette confiance aveugle faite à nos coeurs qui les reçoivent. J'aime la house qui s'insère dans le titre This place
The place I belong
Du volume, de la forme surtout du fond car ce qui me plait, c'est que ce n'est pas juste esthétique, ce projet ouvre la porte sur sa réelle personne. Et Nostalgia se lance... et tout s'éteint.
And I still don’t know if I need or I want it Questions with no answers Should I speed up or use the break Should I keep up or leave it here
Lossapardo met les pleins phares sur la mélancolie qui s’installe lorsque les souvenirs refont surface, chargés de questions sans réponse. Ils nous rappellent à quel point, le temps file et le monde lui, défile. D'où l'importance de figer les moments...même si c'est juste quelques instants. J'adore la Bossa Nova qui s'invite sur Miel ! La composition guitare/voix est onctueuse, ça fond littéralement dans les oreilles. J'ai une pensée éclaire pour Henri Salvador, je sens son inspiration. Je revois son large sourire et ça me fait sourire.
Ça faisait vraiment longtemps que je n'avais pas été renversée par un projet, au point de l'écouter en boucle, tellement il fait du bien.
Tout ce que j'aime dans l'art se retrouve dans If I were to paint it : quelque chose de multiple, poétique, touchant, sensible, très propre dans les contours...
Lossapardo est sans conteste : ma découverte de ces derniers mois.
Je te laisse avec joie le découvrir à ton tour et me dire par la suite, ce que tu en as pensé !
PS : J'ai ri quand j'ai lu la signification de son nom de scène. Moi qui l'imaginais issu d'une langue lointaine signifiant "homme talentueux"... Il vient "juste" de l'insulte que lui envoyait ses potes parce que le gars sait tout faire.
Tout, je ne pourrais pas dire, mais toucher en plein coeur et inonder nos oreilles de doux miel, ça, je confirme, il sait faire !


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