Rozzzqween : legendary, she's a spark ✨
- Erion

- 1 avr.
- 6 min de lecture
Dernière mise à jour : 5 juil.

Avant de te parler de cette pépite, il faut que je t'avoue quelque chose : je suis une grande nostalgique.
Parce que je suis avant tout une grande passionnée. Pour moi la nostalgie s'accompagne d'intensité... c'est ce qui rend ce regret d'un moment vécu plus percutant. Hors de question d'apprécier à moitié. Soit il se passe quelque chose à l'intérieur et dans ce cas, j'adhère, soit rien ne se crée et le rejet est immédiat.
Quand il s'agit de culture, d'art et plus précisément de musique, je ne remets jamais en question le feeling ressenti à la première écoute, à la première rencontre.
Trust your gut (n'est-ce pas ?!) car, quand il y a un doute, il n'y a déjà plus de doute !!!
La nostalgie donc, intègre en moi chaque découverte telle une empreinte.
Je me souviens avec joie, de la première fois où j'ai découvert tel ou telle artiste.
De quelle manière on s'est présenté l'un à l'autre, comment je suis entrée dans son univers...qu'est-ce que je faisais? Où j'étais quand la magie a opéré ? D'ailleurs Awara est né de cette envie de capturer l'instant où tout se crée, raviver les émotions et les transmettre.
Pour Rozzzqween c'est arrivé simplement : lors d'un de ces moments privilégié. Un joli spot parisien, une conversation entre soeurs autour d'un verre quand tout à coup, la Qween s'invite dans nos confidences avec :
I pray you never sleep (avec sa voix qui part dans les aigües) My face all in your dreams Cuz I'm the one that got away I'm the one that got away
Sur le chemin du retour, je me repasse le morceau en boucle. Comme pour capter le signal. Percer le mystère de cette incroyable voix. Comprendre la personne qui se cache derrière.
Ensuite, je clique sur d'autres titres et je me prends claque sur claque. À force de digger, je tombe sur un épisode de podcast✶ (que j'ai adoré écouter) qui va m'en apprendre un peu plus sur la belle humaine qui habite Rozzzqween.
Le nom déjà je découvre que c'est un mix logique entre le diminutif de Roselyn, son vrai prénom et "Qween", qui s'est imposé comme une évidence grâce à son manager de l'époque, Bigs. Il n'a pas cessé de lui répéter : « You're a queen, man. You're a queen. You need to change your name. » alors elle l'a fait !
Comme beaucoup d'artistes, elle parle de Rozzzqween comme d'un alter ego. Une version d'elle-même plus affirmée, plus libre et moins encline à s'excuser d'exister.
Ce qui est drôle c'est que comme souvent, la naissance de l'artiste a précédé celle du nom.
Dans ce même épisode, elle raconte un souvenir fondateur à 14-15 ans : un arrêt de bus, une reprise de "On a Mission" de Katy B qui se fait à tour de rôle entre potes du collège.
Quand vient son tour de chanter, les réactions sont immédiates, tout le monde est scotché!!!
Avec leur réactions spontanées et sincères, elle se rend tout de suite compte qu'elle a ce supplément, qu'il s'est réellement passé quelque chose.
À la base, elle ne faisait que chanter pour le délire et finalement, ce jour-là, elle a été vue pour ce qu'elle est. Vue à travers sa présence, ce don, cette évidence qu'est sa voix.
Comme quoi... il n'y a jamais de hasard mais toujours un rendez-vous pris avec l'Univers.
A partir de là, justement, elle ne va voir qu'une seule voie à emprunter.
Son rêve devient sa direction, la pousse à quitter Birmingham pour Londres pour faire de sa passion son métier.
Music was always the dream (Le rêve a toujours était la musique)
Et cela s'entend dans sa musique. Surtout dans son dernier titre MLK.
Dans cet hommage rendu à celui qui avait un rêve, elle mêle également quelque chose de plus personnel : la célébration de ses racines, des femmes noires qui ont lutté. Elle rappelle l'importance d'avoir des rêves et d'oser les avoir même quand le futur est incertain.
On ressent cette dévotion absolue à son art à cette passion qu'elle a depuis le premier jour.
Sa voix de velours est une matière vivante, veloutée mais jamais lisse, toujours portée par la fêlure maîtrisée de l'artiste qui choisie de partager son vécu avec justesse, profondeur et sincérité.
Rozzzqween met un point d'honneur à toujours rester fidèle à son ressenti sans tenir compte de ce que les autres (souvent ces ex) peuvent penser.
Elle ne cherche pas à impressionner ou à enjoliver. Elle installe et plante le décor.
What you write is your business [...] that's your creation, that has nothing to do with anybody else. (Ce que tu écris c'est ton affaire... c'est ta création, ça ne regarde personne d'autre)
Dès les premières secondes de ses morceaux, tout est en place, tout a du sens.
Dans Homebody par exemple : ce scat murmuré, ces syllabes sans signification, ces accords simples de guitare forment un ensemble qui envoie une décharge d'émotion.
Un héritage lointain du jazz, quelque part entre Ella Fitzgerald saupoudrée d'une atmosphère très blues.
Dans ses intentions, je perçois une réelle volonté de rendre hommage à toutes les sonorités avec lesquelles elle s'est construite sans pour autant s'enfermer.
Dans ses inflexions, je vois l’ombre d'Amy Winehouse (When in Rome, Who are these men ou MLK).
Dans l’émotion, je devine l'aura de Billie Holiday. Elle déclare fièrement que ces deux légendes font partie de ces influences tout comme les reines : Jill Scott et Erykah Badu.
Rozzzqween ne reproduit pas. Elle prolonge, ajoute sa patte et transforme.
Elle s’inscrit dans une néo-soul, très jazzy, super soul, teintée de R&B et de dancehall. Elle représente un espace ouvert où la voix devient à la fois narration et instrument pour accentuer l'émotion. Les productions sont minimalistes, presque fragiles mais elle trouve toujours le bon équilibre pour bien déposer sa voix.
J'ai pris énormément de plaisir à découvrir toutes ses créations très souvent inspirées de ces déceptions amoureuses. J'en ai agrémentées de punchlines bien piquantes et savoureuses.
En l'écoutant, j'entends des bribes de Selah Sue dans Air Force 1's (l'une de mes favs), j'aperçois Little Simz dans Melanin Monroe, la lumière de tata Badu dans Family Ties et Lost 4 words. Elle sait être plurielle tout en restant fidèle à En tant qu'artiste, quand on décide de faire all-in et de ne se concentrer que sur son art, le chemin est souvent sinueux, pavé d'embûches et rempli de désillusions. Rozzzqween l'a vécu, le vit encore (plus pour très longtemps on l'espère) mais elle ne se laisse pas abattre pour autant. Plutôt que d'être amer, elle a cette énergie solaire qui réconforte, cette joie délicate qui ravit et est constamment vêtu de son sourire franc. En parlant de franchise, elle sait l'être et ne perd pas une occasion pour clamer que :
"You only Fail when you fail to try. Failure doesn't actually exist, is bullsh*t ! (Tu n'échoues que lorsque tu n'essaies pas. L'échec n'existe pas vraiment, c'est des conneries !)
On dit souvent aujourd’hui que tout va plus vite, que l'attachement est devenu fragmenté. Concernant la musique, beaucoup en parlent et le ressentent : les gens tombent de plus en plus amoureux des morceaux, mais de moins en moins des artistes.
On retient un extrait de 30 secondes, on consomme une chanson, une tendance, et on passe à la suivante.
Chez Awara les trends pour nous, ça n'existe pas et pire : elles ne nous intéressent pas.
Notre mantra pourrait même être : jamais dans la tendance, toujours dans l'élévation.
Ainsi, on aime encore prendre le temps. Ralentir, prendre de la hauteur, faire pause, remettre en arrière, réécouter. On sait que ce n'est pas en une écoute qu'on peut comprendre une œuvre, ce qu'elle raconte et qui la porte.
Pour Rozzzqween, comme pour Lossapardo avant ou Bashy, il s'est réellement passé quelque chose.
L'étincelle de cette artiste nous a donné des frissons. On espère que tu vas prendre plaisir, qu'elle va réchauffer tes oreilles et que tu vas aimer ce qu'elle va te faire ressentir.
✶ Le podcast cité : Konkrete stories


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